jeudi 3 janvier 2008

B, deuxième lettre de l’alphabet, première consonne. De manière assez peu agréable, cette lettre tend à peser dans la bouche. Par conséquent, elle est souvent crachée dans une sorte d’auto-persiflage sonore (bouche bée, bébé, BB etc.). Mondialement très utilisé par les tout petits, le b semble favoriser l’expression des choses simples et corporelles (bordel, bourré, boxe, but…), ainsi que la manifestation de désirs odieux dans certains romans familiaux (Bagdad, Bush, Bush, Bagdad…) ; désirs qui prouvent, si besoin est, que les belles d’un homme peuvent très bien être les bêtes d’un autre (Cf. Arthur Rose, « Bamboozled. On the Two Spaces of B », in The Ancient Republic, vol. XVIII, n° 6, Chicago, décembre 2001, pp. 526-539). Toutefois, grâce à un trait français du XV° siècle, le b est toujours en mesure de réacquérir la distinction qui lui fut originairement accordée par le frimas de l’hiver latin, pruina : la promesse aussi insaisissable que tactile d’une pluie poussiéreuse et fine, bruine.

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